Recueil de notations

Un peu avant sept heures

In Notation de la vie quotidienne, Sarcelles, Transports on 24 octobre 2012 at 22 h 36 min


23 octobre 2012, quelques minutes avant sept heures du matin. On devine la brume ténue au loin plus qu’on ne la distingue. Dans l’environnement immédiat, trop diffuse, elle est impalpable. Ce qui n’est même pas une bruine humidifie l’atmosphère. Il fait frais. C’est le signal que les belles journées sont derrière nous. L’automne est bel et bien là, et il annonce l’hiver. Comme au spectacle, la troupe des figurants est éclairée a giorno des rangées de spots.

À dire vrai, les figurants sont aussi des spectateurs plus ou moins attentifs, ce qui n’a du reste aucune importance. Qu’ils restent renfermés sur eux-mêmes, leur téléphone portable ou leur musique; qu’ils parlent à un voisin, un ami ou un parent; qu’ils se traînent ensommeillés encore dans l’espérance de cette place assise qui leur permettra de poursuivre leur nuit, ils sont bien dans leur rôle. Le spectacle a commencé même s’il prend l’allure d’une mise en place ordonnée et désordonnée tout à la fois.

Le personnage principal n’est pas encore là: il arrivera dans quelques minutes — deus in machinam (à moins que ce ne soit la machine elle-même dont le conducteur ne serait qu’un adjuvant), emportant et distribuant tout son monde en d’autres lieux où la pièce se poursuivra ou par lesquels elle transitera, comme d’autres spectacles identiques et répétitifs s’amorcent, se sont amorcés et s’amorceront ailleurs sur cette ligne, sur les autres, dans une dispersion mille et mille fois recommencée, toujours identique et toujours différente à laquelle la lumière et les éléments donnent au matin, ce 23 octobre 2012 peu avant sept heures, un caractère unique malgré tout.

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