Recueil de notations

Par ma fenêtre (4 janvier 2013)

In Notation de la vie quotidienne, Sarcelles on 5 janvier 2013 at 11 h 19 min

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Par ma fenêtre, au matin gris, je regarde l’immeuble d’en face. Il longe l’avenue sur toute sa longueur sans offrir d’autres vues que ses fenêtres. Fenêtres sur rues, porches vers l’intérieur du parc, tout est pareil et tout est différent. Je trouve intéressante la vision qu’il m’offre avec ses taches de couleur héritées de la pose de fenêtres à double vitrage lors d’une réhabilitation vieille d’une bonne douzaine d’années et, surtout, cette fenêtre ouverte, la seule à cette heure-là, par laquelle pend un tapis, une fenêtre qui devient du coup le centre de ce petit monde.

Dans le viseur de l’appareil photo, le vieil acacia semble dialoguer avec l’antenne satellite et je me me suis interrogé sur ce que pourrait être leur curieux dialogue. L’arbre lui-même n’est pas sarcellois de souche: jadis, il n’y avait ici que des champs au-dessus d’une zone marécageuse. Toute tentative de prosopopée serait sans nul doute vaine sinon grotesque. Plutôt que dialogue, ce sont les oppositions (du moins les contrastes) qui m’ont surtout frappé: l’arbre et l’immeuble; le tapis rose, symbole d’un intérieur intime, posé sur la fenêtre le temps d’un ménage sans doute, juste à côté de l’appareil même qui peut symboliser l’envahissement du chez-soi par le monde ou l’ouverture à celui-ci, les potentialités de la diversité comme les enfermements, l’évasion dans l’enfermement et l’enfermement dans l’évasion au sein d’un espace qu’on sait d’autant plus limité qu’on est en étage, mais dont l’aération même  du tapis rappelle qu’il fait l’objet de toutes les attentions, comme un refuge, presque un sanctuaire, où l’antenne semble se dresser comme un gardien vigilant (c’e’st moi qui choisis [ce] qui entre) alors que l’arbre, vieillissant et qu’il faudra peut-être abattre quelque jour prochain, cet arbre-là, oui, dont on ne voit qu’un profil réduit, s’en fout totalement.

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