Recueil de notations

#MonRER (notation twittéraire)

In Notation de la vie quotidienne, Transports on 7 janvier 2013 at 22 h 53 min

2013-01-07_Garges-RER_soir-NB-reduit


CHÂTELET-LES HALLES, quai n° 4
7 janvier 2013, 19h38-20h03.

Luca89 annonce le tableau d’affichage lumineux. Mon RER va quitter Châtelet, direction: Orry-la-Ville. (Ce message tweeter aura transité dans les limbes entre Châtelet et gare du Nord.)

À Stade-de-France, un quadra et un quinqua se nettent à parler foot, pas longtemps pour tout dire: le quadra descend à St-Denis. Mon RER a deux étages: j’ai choisi l’étage supérieur. Dans celui-ci, deux casques audio seulement. Le MP3 n’explique donc pas tout, en tout cas pas le silence général de l’étage. Un couple murmure en face à face et en milieu de voiture. Le ton est si bas que, parfois, aucun murmure n’est perceptible: mouvements de tête ou de main attestent seuls d’un échange en cours.

Le quinquagénaire footballeur (si j’ose dire) est descendu du RER à Pierrefitte-Stains. Je compte encore dix-huit personnes à l’étage, dont quatre ou cinq femmes seulement (il y a une indécision, mais je ne vais quand même pas aller toiser les voyageurs un par un, non?). Nous sommes quatre à descendre à Garges-Sarcelles. Le couple murmurant s’est séparé: parents, amis ou collègues donc, mais pas un couple.

Pour ceux qui restent — très majoritairement présents quand je suis monté à Châtelet (mais après quels trajets préalables dans leur cas?) — la fatigue du jour aura été accentuée par leur périple d’après-travail. Ils continuent continuent plus loin (Villiers-le-Bel/Gonesse, Goussainville et au-delà) dans ce qui n’est désormais plus mon RER.

Le temps de saisir mon dernier tweet, le RER suivant (si vite!) déverse sa cargaison locale qui s’empresse de quitter le quai le plus rapidement possible pour pouvoir profiter le plus possible du temps qui reste avant une nuit qui sera trop courte et un train à reprendre trop tôt.

Les tweets sources

Indications

  • Pour repérer les tweets, choix d’une balise courte mais spécifique permettant, après envoi, de retrouver plus tard la série cohérente: #MonRER. Pour économiser les caractères, utilisation de la balise dans le corps des tweets (d’où les réécritures).
  • Deux incidents intégrés: 1° l’absence (habituelle) de réseau dans le trajet souterrain entre Châtelet et la garde du Nord (et même au-delà jusqu’à l’accès en surface au-delà du boulevard périphérique, à Saint-Denis); 2° l’arrivée très rapidement après le mien d’un autre RER (mais j’ai appris depuis qu’il y avait eu des problèmes sérieux sur la ligne, d’où un effet accordéon).
  • Quelques remarques n’ont pu se glisser dans les 140 signes et espaces d’un tweet. Dans ce cas, soit saisir deux tweets successifs, soit se borner à un avec une mention qui facilite le rappel (par association) d’idées.
  • Compléments, remise en cohérence, décoquillage, légère touche de vernis (mais pas trop, pour ne pas dénaturer la première notation).
  • Il y a des retours qui n’appellent pas de remarques (sans parler des soirs où je me concentre sur une lecture ou les applications de mon téléphone). C’est un jeune montant avec, en bandoulière, un sac de basket (comme on aurait dit dans ma jeunesse), qui a déclenché le déclic. Nous ne nommes pas allés au même étage de la rame. Je m’y suis retrouvé au fond (la position pour pouvoir noter), dans un silence quasi complet, une rame de travailleurs crevés en fin de journée, contraints de surcroîts à des trajets aussi longs qu’éprouvants et répétitifs. Je l’ai évoqué, à la fin, mais pas en cours de route: L’arrière-plan social reste un arrière-plan dans lequel des individus évoluent mais auquel ils ne se réduisent pas. Plus de vingt ans de vie sarcelloise, résolument, m’auront conduit à me méfier des stéréotypes.
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