Recueil de notations

Retour du soir (29 août 2013)

In Notation de la vie quotidienne, Transports, vite noté, Vite vu on 29 août 2013 at 22 h 46 min
«Mélancolie», Edgar Degas (vers 1870)

«Mélancolie», Edgar Degas (vers 1870)

C’est le train de 21h28 au départ de la gare de Lyon. C’est un train tardif qu’empruntent maints voyageurs. (Emprunter pour se rendre.) L’eussé-je évoqué sans cette jeune femme sous une mauve capuche, au regard bas, désabusé de tout?

Elle songe, l’œil vague, écoutant par l’oreillette sa musique téléphonique. Le menton s’appuie sur la main, le bagage cale le côté. Un triste ennui s’exhale du tout. À gare du Nord, Triste Ennui s’en va, bagage à l’épaule, valise à roulettes, ses longs cheveux fuyant de la capuche. Perspective d’autre train, plus grandes lignes que banlieue. On imagine un long périple dans un train.

Dans le RER D, les occupations sur téléphone vont bon train. Quelques copines d’une trenquaine d’années se font une conversation mi-discrète mi-rigolarde. L’une d’elles, tout en conversant, consulte son téléphone, le visse parfois â l’oreille, semble attendre ce qui ne vient pas.

21h49. J’arrive à Sarcelles. Une tranche de vies vient subrepticement de se dérouler. Irrémédiablement.



Retour du soir. Impromptu, imprévu, à cause d’une capuche mauve.

Dans les tunnels du RER, les connexions se défont plus qu’elles ne se fond. J’ai utilisé une application format texte pur pour stocker une série de tweets. L’ensemble m’a plu. J’ai tweeté ces nodules, simplement pour vérifier (c’était la contrainte) qu’ils ne conforment bien à la limite des cent quarante caractères. J’ai rectifié l’assaisonnement (autrement dit, remplacé un hashtag par un texte en italique et entre parenthèses et ajouté, ici ou là, le point de phrase effrayé par mon ton mélancolique.

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