Recueil de notations

Un impalpable moment d’humanité

In Notation de la vie quotidienne, Propos, Rêveries, RetourDuSoir, Sarcelles, Transports on 22 octobre 2016 at 12 h 22 min

Ça s’est passé un 13 octobre 2016 au soir. Un infime et imperceptible moment d’humanité entre deux personnes, imperceptible à tout autre qu’à un témoin sorti de sa distraction, et que sans doute ses deux protagonistes ont déjà oublié…

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Twitter, 13 octobre 2016 (19h27 – 20h06)

Scène du . Une dame si lasse que ses yeux se ferment sollicite poliment le téléphone de son voisin. Le voisin, auvergnat façon Hortefeux, consent à interrompre son jeu. La dame appelle chez elle: «Est-ce que tu peux venir me chercher? JE N’AI PLUS DE PIEDS». L’expression imagée ne doit pas être traitée par dessous la jambe. C’est évident pour moi qui ai interrompu la liseuse où Totor m’explique l’Archipel de la Manche. Pour le voisin aussi. La dame aux pieds las sera secourue. On le sent au léger pli que forme comme un discret soupir la commissure de ses lèvres.

Après ce petit temps imperceptible, ponctuation nécessaire pour passer d’un échange à l’autre, elle rend le téléphone. Nous sentons bien, l’Auvergnat selon Brassens et moi, qu’elle ne peut pas ajouter un mot tant elle semble épuisée. Mais elle a remercié avec ce sourire des yeux que son voisin a bien reçu en souriant à son tour. Moi j’ai fondu.Il a repris son téléphone et son jeu. Elle a cessé de résister à ses paupières de plomb. Magie simple d’un bret et beau moment.

Le voisin et moi sommes descendus à . Elle continuait. En remontant ma rue je songeais car le songe est nécessaire. Tout rasséréné par cet impalpable moment d’humanité, je sus que même les affiches de Ménard ne sauraient m’attrister ce soir.

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N. B. — Ce texte est la reprise des tweets. Une coquille de saisie (aléas du clavier d’un téléphone) a été corrigée. Les tweets ont été regroupés en paragraphes

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